1ère rencontre annuelle de l’Histoire à l’IFEA : Les enjeux de l’histoire en France et en Turquie

Discours de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Laurent Bili, à l’occasion de la 1ère rencontre annuelle de l’Histoire à l’IFEA : Les enjeux de l’histoire en France et en Turquie, 28 février 2012

Institut Français d’études Anatoliennes & Tarih Vakfı (Fondation de l’histoire)

"Mesdames et Messieurs,

Pour l’historien que j’ai rêvé d’être un jour, avant de me diriger vers d’autres chemins, c’est un très grand plaisir d’inaugurer cette première Journée de rencontres entre historiens sur "Les enjeux de l’histoire » en France et en Turquie.

L’histoire est en France une passion ancienne. J’ai le sentiment en retrouvant la Turquie après près de 12 ans d’absence, et en flânant dans les librairies, que cette passion a gagné également la Turquie. Ecrire l’histoire de France, comme écrire l’histoire de l’empire ottoman ou de la République de Turquie, n’est cependant pas un acte anodin. Deux grands pays, deux grandes histoires, c’est beaucoup de pages glorieuses, mais aussi comment pourrait-il en être autrement, des pages sombres.

Ces rencontres ont pour ambition d’aborder –entre historiens turcs et français- les questions thématiques, méthodologiques et institutionnelles qui font débat, qui suscitent interrogations, et parfois doutes.

L’objectif est de voir se pérenniser un cadre franco-turc de rencontres annuelles d’historiens où s’échangent en toute confiance savoirs, expériences et questionnements.

Dans cette aventure, la Fondation de l’Histoire, qui vient de fêter sa vingtième et unième année (Tarih Vakfi) et l’Institut Français des Etudes Anatoliennes sont deux partenaires naturels.

Je forme le vœux qu’ensembles, vos deux institutions puissent jouer un rôle essentiel pour éclairer l’épaisseur historique des enjeux contemporains, mais aussi contribuer à dégager l’histoire de sa gangue faite de légendes, de mythes et de préjugés, voire de ses mensonges d’Etat.

Parmi les branches des sciences humaines et sociales c’est certainement à l’histoire que l’on demande le plus. Connaître et comprendre le passé est une étape indispensable pour l’apaisement des passions nationales, le rétablissement de la confiance, et la réconciliation des mémoires blessées. Je dis bien connaître et comprendre, et non pas juger avec nos yeux et nos valeurs d’aujourd’hui.

Le diplomate que je suis devenu ne peut que constater que la mission de l’historien est plus que jamais essentielle et donc difficile... La tâche est si lourde qu’elle pose immanquablement la question de la « posture de l’historien » face à ces attentes de la société, voire aux attentes contradictoires des Etats et des sociétés. Ce sera un des thèmes fort de vos échanges.

Pour ma part, j’ai une conviction simple. Face à l’ampleur de ces défis, la recherche fondamentale en histoire mérite d’être inscrite au cœur de réseaux et des échanges scientifiques multilatéraux. La collaboration entre l’Institut Français des Etudes Anatoliennes et la Fondation de l’Histoire est à cet égard une excellente initiative.

Plus largement, je suis heureux de souligner que les activités que l’Institut Français des Etudes Anatoliennes ne porte pas « sur » la Turquie mais se fait « avec » la Turquie, c’est-à-dire avec les universités turques, les maisons d’édition et les centres de recherche en Turquie. L’IFEA publie ainsi de plus en plus en turc (dans les collections de la maison d’édition Kitapevi) ou pour ce qui concerne l’histoire dans la revue Toplumsal Tarih.

Je vous souhaite d’excellents échanges et me réjouis par avance du privilège de pouvoir assister à vos travaux"./.

Dernière modification : 05/07/2012

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