Allocution de SEM Charles FRIES, Ambassadeur de France, à l’occasion du vernissage de l’exposition « Entre trois mers, Cartographie française et ottomane des Dardanelles et du Bosphore (XVIIe – XIXe siècle) » à Izmir le 5 mai 2016

Monsieur le Président,
Madame la Consule Honoraire,
Monsieur le directeur de l’IFEA,
Mesdames, Messieurs,

A l’occasion de ma première visite à Izmir, c’est pour moi un vrai plaisir de participer à vos côtés, cher Lucien Arkas, à l’inauguration de l’exposition « Entre trois mers » rassemblant de précieuses pièces de la cartographie française et ottomane des Dardanelles et du Bosphore du XVIIe au XIXe siècle.

En tant qu’héritière de l’Empire ottoman, la Turquie peut mesurer l’importance des cartes et de la géographie, alors que l’aire d’influence de la civilisation ottomane allait d’Alger à Bagdad et d’Alep à La Mecque, s’étendant sur trois continents au contact de trois mers.

De par sa position géographique, la Turquie se trouve, aujourd’hui comme hier, au confluent des enjeux et des tensions qui parcourent le continent eurasiatique. Izmir, la ville où nous nous trouvons, ancienne Smyrne, tantôt considérée comme la ville la plus à l’est de l’Europe, tantôt comme l’extrémité ouest de l’empire, incarne cette centralité séculaire des côtes turques.

Au cœur de l’Empire ottoman, les Dardanelles et le Bosphore ont toujours constitué une zone stratégique, convoitée par les grandes puissances et donc hautement documentée et surveillée. Ce lieu de passage entre Orient et Occident et cette porte d’accès aux mers chaudes symbolisent la double vocation européenne et asiatique de la géographie ottomane, qui continue encore aujourd’hui de nourrir l’identité turque.

Le fait de mettre en miroir la cartographie française et ottomane des Détroits des Dardanelles et du Bosphore, à l’époque des rivalités autour de la question d’Orient, permet de mesurer à quel point les cartes sont toujours porteuses de sens et combien elles reflètent, inévitablement, une certaine vision du monde. Le fait de croiser nos regards sur les différentes manières de cartographier le monde ne peut donc être que salutaire.

Cette exposition a été rendue possible grâce à la mobilisation des membres de l’Institut Français des Etudes Anatoliennes que je tiens à remercier. En rassemblant ces œuvres françaises et ottomanes dont 67 pièces originales, l’IFEA poursuit sa mission première d’interface entre institutions françaises et turques.

Ces richesses prêtées par de grandes institutions patrimoniales françaises (BnF, Archives Nationales…) et turques (bibliothèque de l’Université d’Istanbul…) ne donnent qu’un premier aperçu de notre patrimoine commun sur l’histoire ottomane. D’autres collaborations de ce type pourraient nous permettre de poursuivre l’écriture de notre histoire partagée.

Cette cérémonie me donne également l’occasion de rendre hommage à l’action de Lucien Arkas, qui nous fait l’honneur de son amitié et de son attachement toujours renouvelé pour la culture française, depuis la première exposition inaugurée ici en 2011, jusqu’à aujourd’hui.

Je souhaite un plein succès au centre d’art Arkas avec cette exposition, nouvel exemple de la riche collaboration franco-turque et du dynamisme culturel de cette belle ville d’Izmir.

Merci encore à chacun d’entre vous d’avoir honoré cet événement de votre présence.

Dernière modification : 06/05/2016

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