Allocution de l’Ambassadeur à l’occasion de la cérémonie du 11 novembre 2013 Istanbul, Palais de France [tr]

Messieurs les officiers généraux,

Mesdames et Messieurs les consuls généraux,

Messieurs les officiers représentants les nations alliées,

Mesdames et messieurs les professeurs et les élèves,

Chers amis,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier de votre présence et de votre recueillement à nos côtés ce matin.

Nous commémorons aujourd’hui l’armistice de 1918 qui a mis fin à la première guerre mondiale. Une guerre qui a fait plus de 18 millions de morts dans toutes l’Europe, mais aussi dans les populations des territoires appartenant à l’époque aux empires coloniaux français, britannique et allemand ainsi qu’à l’empire ottoman.

La France comme la Turquie ont été particulièrement marquée dans leurs chairs et leurs sols par ces quatre années de conflit. L’armistice du 11 novembre avait été précédé par d’autres, dont celui de Moudros entre les Alliés de l’époque et l’empire ottoman.

Cette guerre ne sera pas la « der des der » puisque le monde connaîtra une nouvelle fois la guerre vingt et un ans plus tard. En Turquie il faudra aussi attendre 4 nouvelles années pour que les canons se taisent.

Nous nous sommes recueillis aujourd’hui sur les tombes de soldats morts pour la France. Certains sont morts en Crimée aux côtés des soldats ottomans et britanniques, certains pendant la première guerre mondiale, certains pendant l’occupation d’Istanbul qui l’a suivie.

Il nous faut ce matin rendre hommage à tous ces soldats qui ont sacrifié leurs vies pour leur pays. Cet hommage nous permet aussi de mesurer le chemin parcouru depuis lors. Tirant les leçons des horreurs du deuxième conflit mondial, la France et l’Allemagne ont su retrouver le chemin de la fraternité et de la paix. Ce chemin a imprégné toute la démarche de la construction européenne depuis 6 décennies. Je tiens à remercier à cette occasion Madame la consule générale d’Allemagne et le général (de brigade) Hartbrod pour leur présence à nos côtés comme marque de cette fraternité.

C’est cette fraternité, ce rejet de la haine, de la peur de la différence, du repli sur soi qui doit nous guider aujourd’hui, dans une commémoration unanime de ces événements.

Notre mémoire collective doit nous permettre de transmettre des messages de paix, de tolérance, de fraternité et d’intégration. La liberté s’est construite par l’engagement d’hommes et de femmes qui ont sacrifié leur vie, quelles que soient leur couleur de peau et leur confession.

Pour porter ce message de fraternité à ces générations, nous envisageons, au niveau mondial, un cycle commémoratif.

Nous portons à la boutonnière ce bleuet de France, symbole de la solidarité envers l’ensemble du monde combattant. Adopté avant même la fin de la première guerre, ce symbole a traversé les époques avec plus ou moins de visibilité. Il constitue aujourd’hui la marque de notre respect envers ceux qui ont donné leur vie ou sont restés mutilés. Tout autant que la marque de notre volonté de transmettre le flambeau aux jeunes générations, alors que les derniers combattants de ce conflit sont désormais disparus.

Nous avons honorés ce matin des soldats français qui reposent ici à Istanbul dans des carrés offerts à la France en 1853. Dans ces petites parcelles de France au milieu de la Turquie nous n’oublions pas les mots d’Atatürk inscrits au fronton du monument de Gallipoli : « et vous, mères, qui avez envoyé vos fils depuis des pays lointains, séchez vos larmes. Vos fils reposent désormais en paix. Après avoir perdu la vie dans ce pays, ils sont devenus aussi nos fils ».

Je vous remercie.

Dernière modification : 12/11/2013

Haut de page