Déclaration de la Conférence de l’Union Africaine sur la situation au Mali, le 28 janvier 2013 [tr]

Déclaration de la Conférence de l’Union Africaine sur la situation au Mali, le 28 janvier 2013

Nous, chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine (UA), réunis en notre vingtième session ordinaire, tenue à Addis Abéba, en Éthiopie, les 27 et 28 janvier 2013 :

PROFONDÉMENT PRÉOCCUPÉS par la situation sécuritaire qui prévaut au Mali, ainsi que par la détérioration continue de la situation humanitaire dans la partie nord du Mali ;

RÉITERANT NOTRE FERME ATTACHEMENT à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la République du Mali ;

NOTANT que la poursuite de l’occupation de la partie nord du Mali par divers groupes armés, terroristes et criminels, constitue une grave menace à la paix, à la sécurité et à la stabilité du Mali, de la région et au-delà ;
(…)
SE FELICITANT des progrès accomplis au Mali en vue de relever les défis de l’heure, en particulier l’adoption de la Feuille de route pour la Transition ;

EXPRIMANT NOTRE PROFONDE GRATITUDE à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), aux pays du champ, aux autres États africains fournisseurs de troupes et à l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux, et RECONNAISSANT À CET EGARD l’assistance importante de la France en ces moments difficiles que traverse le Mali ;

RÉAFFIRMANT EN OUTRE nos décisions antérieures, ainsi que celle de la CEDEAO, sur la situation au Mali.
Convenons de ce qui suit :

(…)

3. Réaffirme l’attachement de l’UA à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de la République du Mali, ainsi que la détermination de l’Afrique à ne ménager aucun effort pour en assurer la préservation. Le Conseil réaffirme une fois encore le rejet absolu par l’UA du terrorisme et de la criminalité transfrontalière, ainsi que du recours à la rébellion armée pour faire valoir des revendications politiques ;

4. Réitère sa profonde préoccupation face à la grave menace à la paix et à la sécurité régionale et internationale que constitue la présence, au nord du Mali, de différents groupes armés terroristes et criminels, tels qu’Al-Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Dine et le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), ainsi que sa ferme condamnation des exactions commises par ces groupes contre les populations civiles et de la destruction de monuments ayant une signification historique, culturelle et religieuse. Le Conseil note également avec une profonde préoccupation la détérioration continue de la situation humanitaire dans la région ;

5. Réitère la ferme condamnation par l’UA des attaques perpétrées par une coalition de groupes armés terroristes et criminels contre la ville de Konna, dans la région de Mopti, le 10 janvier 2013. À cet égard, le Conseil se félicite de ce que l’assistance prompte et effective apportée par la France, à la demande des autorités maliennes et dans le cadre de la résolution 2085 (2012) du Conseil de sécurité et de l’article 51 de la Charte des Nations unies, a permis de bloquer l’offensive lancée par ces groupes et d’entamer la reconquête des régions encore par eux occupées. Le Conseil se félicite également de la décision de plusieurs États membres, tant de la région qu’en dehors de celle-ci, de contribuer des troupes dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA). Le Conseil réitère son appréciation à la CEDEAO et à son Président en exercice, le Président Alassane Dramane Ouattara de Côte d’Ivoire, pour toutes les initiatives prises, en vue de faire face à la subite détérioration de la situation, et fait sien le communiqué du Sommet extraordinaire de la CEDEAO, tenu à Abidjan, le 19 janvier 2013. Le Conseil salue les mesures prises par les voisins immédiats du Mali pour renforcer la surveillance de leurs frontières, afin de prévenir tout mouvement de combattants et flux d’approvisionnements en faveur des groupes armés, rebelles, terroristes et criminels ;

(…)

7. Souligne la nécessité d’accélérer le déploiement de la MISMA et d’en assurer le fonctionnement efficace, ainsi que celle d’œuvrer au renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité du Mali (FDSM).

(…)(d) invite les Commissions de l’UA et de la CEDEAO à déployer, aussi rapidement que possible, dans le cadre de la MISMA, et avec l’appui de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), des observateurs civils pour surveiller la situation des droits de l’homme dans les zones libérées et aider les autorités maliennes à créer les conditions d’une réconciliation durable entre les différentes composantes de la population malienne, ainsi que de la consolidation de la paix ;

(e) exhorte tous les États membres de l’UA, conformément à ses décisions pertinentes et aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, à apporter le soutien nécessaire sur les plans financier et logistique à la MISMA et aux FDSM, et à saisir l’opportunité de la conférence de donateurs prévue à Addis Abéba, le 29 janvier 2013, pour contribuer significativement à la mobilisation des ressources requises ;

(…)

(g) invite tous les États membres disposés à contribuer des troupes, à en informer les Commissions de l’UA et de la CEDEAO, dans un délai d’une semaine, pour faciliter les efforts de renforcement de la MISMA et la prise des dispositions appropriées pour leur déploiement dans les meilleurs délais ; et

(h) demande aux voisins immédiats du Mali de fournir le soutien requis dans le domaine du renseignement et toute autre assistance de nature à faciliter les opérations actuelles et la restauration de l’autorité de l’État malien sur l’ensemble de son territoire. À cet égard, le Conseil encourage la Commission à organiser, aussi rapidement que possible, une réunion des pays voisins du Mali, membres de la CEDEAO, du Centre d’Etat-major opérationnel conjoint (CEMOC) et de l’Unité de Fusion et de Liaison (UFL), afin de faciliter la coordination et renforcer l’efficacité des mesures de surveillance des frontières ;

8. Exprime à nouveau la reconnaissance de l’UA à tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux qui appuient les efforts de l’UA et de la CEDEAO au Mali. Le Conseil exhorte les partenaires internationaux, conformément aux dispositions pertinentes de la résolution 2085 (2012), à faire des contributions généreuses, tant sur le plan financier que logistique, en faveur de la MISMA et des FDSM, à l’occasion de la conférence de donateurs du 29 janvier 2013. Le Conseil exprime également son appréciation à l’UE pour son engagement à soutenir le Mali, y compris à travers le déploiement d’une équipe de formation pour aider au renforcement des capacités des FDSM ;

(…)

10. Renouvelle l’appui de l’UA au Président Dioncounda Traoré et à son Premier ministre Diango Cissoko, qui ont la charge de mener à bien la Transition, et les exhorte à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’élaboration et l’adoption de la Feuille de route de la Transition, y compris les mesures à prendre en vue de l‘organisation d’élections libres, transparentes et crédibles, et ce avant la réunion du Groupe de Soutien et de Suivi sur la situation au Mali, prévue à Bruxelles, le 5 février 2013. Le Conseil encourage également les autorités maliennes à œuvrer résolument à la réconciliation entre les Maliens, y compris au sein des FDSM, ainsi qu’à l’émergence d’un consensus sur les principaux défis de l’heure, en vue de faciliter le traitement des causes profondes de la crise multidimensionnelle que connaît le Mali ;

(…)

13. Demande à la Commission d’élaborer, en consultation avec le Gouvernement du Mali, la CEDEAO et les partenaires bilatéraux et multilatéraux, une stratégie pour la reconstruction post-conflit au Mali, dans le cadre de la Stratégie Sahel de l’UA, telle qu’entérinée par le Conseil lors de sa 314ème réunion, tenue à Bamako, le 20 mars 2012 [PSC/MIN/DECL.(CCXIV)], et articulée à l’Initiative de solidarité africaine (ISA) ;

(…)

(B) SE FONDANT SUR CETTE DÉCLARATION SOLENNELLE, LA CONFÉRENCE :

(….)

(i) décide que l’UA contribue un montant total de 50 millions de dollars au budget de la MISMA, qui s’élève à 460 millions de dollars américains, payable comme suit : 20 millions de dollars à partir des arriérés de contributions au budget ordinaire de l’UA, 5 millions de dollars à partir du Fonds pour la paix et 25 millions de dollars à répartir entre les États membres sur la base du barème de contributions au budget ordinaire de l’UA. La Conférence décide en outre que sur ce montant, 45 millions de dollars seront utilisés pour aider à couvrir le budget de la MISMA et 5 millions de dollars pour soutenir les Forces de défense et de sécurité du Mali (FDSM) ;

(ii) demande instamment à tous les États membres de saisir l’occasion de la conférence de donateurs qui se tiendra à Addis Abéba, le 29 janvier 2013, pour généreusement apporter, dans un esprit de solidarité panafricaine et de responsabilités partagées, des contributions financières, logistiques et tout autre soutien en nature à la MISMA et aux FDSM ;

(…)

Dernière modification : 30/01/2013

Haut de page