Question : Comment est-ce que la diplomatie française répond à cette colère ?
Ministre : Avec diplomatie. Sur le fond de la question, vous l’avez rappelé, ma position est bien connue, je n’y reviens pas. En tant que ministre des Affaires étrangères, je pense que cette initiative est inopportune, mais enfin, le Parlement en a décidé ainsi. Ce que je voudrais faire, aujourd’hui, c’est appeler nos amis turcs au sang froid. La Turquie est un grand pays, une grande puissance économique, une grande puissance politique, nous avons besoin d’avoir de bonnes relations avec elle. Passée cette vague un petit peu excessive, il faut bien le dire, je suis persuadé que nous retrouverons des relations constructives. Moi je tends la main, j’espère qu’elle sera saisie un jour.
Question : Est-ce que vous prenez les menaces de la Turquie au sérieux, menaces notamment dans le domaine économique, ou est-ce que vous avez de bonnes raisons d’espérer que le ton va, comme vous venez de nous l’expliquer, s’apaiser dans les jours qui viennent ?
Ministre : Je l’espère. Je plaide l’apaisement, il y a beaucoup d’entreprises françaises présentes en Turquie, nous avons des relations commerciales et économiques très importantes. Nous avons besoin de la Turquie, la Turquie a besoin de nous, donc je pense que le réalisme l’emportera sur la passion.
Question : L’espérer, le dire, comme ça, ça suffit ou est ce qu’il va falloir que vous oeuvriez pour renouer les fils du dialogue avec la Turquie ?
Ministre : On va y travailler, bien entendu. J’étais en Turquie il y a deux mois, j’ai été très bien reçu. Voilà, je vais reprendre des contacts, évidemment.
Question : Est-ce que justement cette tension compromet les négociations que vous aviez nouées avec la Turquie à ce moment-là, notamment sur le dossier syrien ?
Ministre : Je ne pense pas. Sur la Syrie, la France a une ligne très claire, nous avons été les premiers à dénoncer avec beaucoup de vigueur, ce qui est en train de se passer, et qui est un drame épouvantable, inacceptable, il est scandaleux que le Conseil de sécurité soit toujours muet, mais il y a peut-être une petite lueur d’espoir. Les initiatives de la Ligue arabe ont été positives, nous les soutenons. Ils présentent aujourd’hui un plan de transfert du pouvoir pour que Bachar EL-ASSAD quitte le pouvoir et le transfère à un gouvernement d’union nationale. Nous allons essayer de soutenir ce processus.
Question : Donc vous regrettez ce matin l’adoption de cette loi.
Ministre : Je n’y reviens pas.
