Tribune de l’Ambassadeur sur le Mali parue dans le journal Sabah, le 11 février 2013 [tr]

Il y a un peu plus d’une semaine, le Président de la République Française, François Hollande, était accueilli en libérateur à Tombouctou et à Bamako. (http://www.dailymotion.com/video/xx8s9x_hollande-receives-rapturous-welcome-in-mali-s-timbuktu_news#.URJ2DDxlp6s"). Ces images témoignent de l’extraordinaire soutien populaire dont bénéficie l’action de la France au sein du peuple malien.

Pour ceux qui ont suivi de loin les événements, il n’est pas inutile cependant de rappeler quelques faits :

La France n’a pas décidé une action unilatérale. Elle a répondu à la demande expresse du Président du Mali.

- La France a accepté de répondre à cet appel, parce qu’il n’y avait pas d’autre option ; la force africaine prévue par la résolution 2085 n’était pas encore prête à se déployer. Comme l’a dit le Président Traoré : « si la décision d’intervenir n’avait pas été prise, il n’y aurait plus de Mali aujourd’hui ».

- La France est venue au secours de Musulmans menacés par des terroristes fanatiques qui violent les principes de l’Islam et qui infligent multiples exactions contre les populations.

- Son action a été saluée aussi bien par le conseil de sécurité des Nations Unies que par l’Union africaine ou la CEDEAO. Elle a bénéficié du soutien direct de la plupart de ces Alliés et de sept pays africains de la région. Dix-neuf pays européens ont accepté de participer à des actions de formation de l’armée malienne.

- La France n’a pas vocation à rester au Mali. Elle est aux côtés du Mali, et de l’Afrique de l’Ouest, pour aider à surmonter cette épreuve et permettre à toute la région de vivre en paix et en démocratie.

Avec le contrôle des grandes villes du Nord, une étape importante a été franchie dans le rétablissement de la souveraineté du Mali. Pour autant, la tâche est loin d’être achevée. La force africaine en cours de déploiement aura un rôle central à jouer aux côtés de l’armée malienne. L’avenir du Mali passe également par la mise en œuvre d’une transition politique. Celle-ci comprend notamment l’organisation d’élections d’ici le 31 juillet et l’ouverture de négociations avec les mouvements du Nord qui reconnaissent l’intégrité territoriale du Mali.

La communauté internationale doit être unie pour aider le Mali. La conférence des donateurs qui s’est tenue à Addis Abeba le 29 janvier a d’ores et déjà permis de recueillir 455 millions $ de promesses de dons pour le financement de la force africaine et la reconstruction des forces armées maliennes. La Turquie qui a des liens anciens avec cette région a naturellement toute sa place dans cette démarche.

Comme nos ministres des Affaires étrangères, MM Davutoglu et Fabius, l’ont évoqué lors de leur conversation téléphonique du 4 février, la Turquie et la France peuvent et doivent travailler plus étroitement pour soutenir un des pays les plus pauvres d’Afrique. Au moment où la Turquie renforce sa présence sur ce continent, l’Afrique peut être un nouvel axe de coopération pour nos deux pays pour promouvoir le développement et la démocratie.

Dernière modification : 11/02/2013

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